Le Chardonneret

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Theodore "Theo" Decker n'a que 13 ans quand sa mère est tuée dans une explosion au Metropolitan Museum of Art. Cette tragédie va bouleverser sa vie : passant de la détresse à la culpabilité, il se reconstruit peu à peu et découvre même l'amour. Tout au long de son périple vers l'âge adulte, il conserve précieusement une relique de ce jour funeste qui lui permet de ne pas perdre espoir : un tableau d'un minuscule oiseau enchaîné à son perchoir. Le Chardonneret.
Le Chardonneret

Vos commentaires et critiques :

B.G
Le 17-09-2019

Theo Decker se trouve au Metropolitan Museum of Art de New York lorsqu'une bombe explose, tuant sa mère et plusieurs autres visiteurs. Accueilli dans la famille fortunée d'un ami d'enfance, le garçon de 12 ans se rend chez un antiquaire de Greenwich Village, où l'a conduit la bague donnée par un vieil homme mort dans l'attentat. Il y fait la connaissance de Hobie, partenaire d'affaires du défunt, mais aussi de Peppa, la fillette qui était au musée avec ce dernier, et dont il tombe amoureux. Mais bientôt le père de Theo, un vaurien alcoolique et joueur dont il était sans nouvelles, vient l'arracher à sa nouvelle vie. Parachuté en banlieue de Las Vegas, l'adolescent se lie d'amitié avec Boris, le fils d'un mineur acoquiné à la mafia ukrainienne. Mais un nouveau décès dans la vie de Theo l'amène à repartir pour New York, avec dans ses bagages "Le Chardonneret", unique tableau du Néerlandais Carel Fabritius, qu'il avait secrètement arraché aux décombres du musée, et que tout le monde croit disparu.
Le roman d'apprentissage de Donna Tartt, récipiendaire du prix Pulitzer en 2014, fait aujourd'hui l'objet d'une adaptation lisse et bien faite, à laquelle manque toutefois le léger supplément d'âme qui la propulserait dans l'orbite de son modèle. L'Irlandais John Crowley (BROOKLYN) encapsule une odyssée dickensienne de 800 pages dans une œuvre de deux heures trente sans temps morts ni temps forts, au service du récit et de son sujet pénétrant, au carrefour de deux grands motifs: la mortalité des hommes et l'immortalité de l'art. En changeant la temporalité linéaire du roman, le cinéaste est également parvenu à réguler le rythme, en évitant les coups d'accélérateur qui auraient été indispensables autrement. Crowley surexplique parfois et, par excès de prudence, autorise quelques redondances narratives. La distribution de qualité mise courageusement sur des figures peu connues. Le résultat est pleinement convaincant, et Ansel Elgort (BABY DRIVER) dégage à la fois le charme et la timidité qui conviennent au jeune héros rendu à l'âge adulte.
Il y a, dans The Goldfinch, une élégance diaphane, peu perceptible, relevant de ce qu’on peut imaginer (dans la boutique d’antiquaire, quelques plans de la ville, des intérieurs sortis d’un autre âge). Et justement, un âge indéterminé, même si on devine l’époque par l’utilisation d’anciens portables(que certains utilisent encore). Ce côté chimériquement intemporel donne à The Goldfinch le caractère pérenne de l’Art, son importance dans la société des humains, les métaphores qu’il émet, conçues par des maîtres qui ont pensé le monde et leurs contemporains depuis la nuit des temps.